Chine - Agence de presse Ekhbary
La Chine impose la 'Loi sur l'unité ethnique', intensifiant l'assimilation des minorités
Le Congrès national du peuple chinois a récemment promulgué une nouvelle 'loi sur l'unité ethnique' d'envergure, conçue pour intégrer davantage les 55 minorités ethniques officiellement reconnues du pays dans une identité chinoise unique et unifiée. Pékin présente cette législation comme une pierre angulaire de sa politique de sécurité nationale, mais elle suscite une inquiétude croissante concernant l'érosion de la diversité culturelle et linguistique au sein de la nation.
Cette loi marque une escalade des efforts en cours pour 'siniser' les minorités ethniques, un processus visant à promouvoir une identité chinoise unifiée au détriment des expressions culturelles et linguistiques distinctes. Alors que les langues minoritaires peuvent toujours être enseignées comme secondes langues, la nouvelle loi interdit explicitement leur utilisation dans les matières fondamentales des écoles et des universités. Cela contraste fortement avec les directives précédentes qui encourageaient, 'si possible', l'utilisation de manuels scolaires en langues minoritaires dans les zones à forte population minoritaire. Les implications de ce changement sont déjà visibles dans des régions comme Yanji, une ville pittoresque du nord-est de la Chine majoritairement peuplée de Coréens ethniques. Des banderoles proclamant 'Plantez les graines de l'unité nationale dans le cœur des enfants' sont désormais répandues, plaidant implicitement pour l'abandon du coréen au profit du mandarin. Comme l'a raconté un citoyen chinois d'origine coréenne, 'Quand j'étais jeune, le coréen était une matière principale à l'école ; aujourd'hui, ce n'est qu'une matière secondaire.'
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Cette trajectoire représente un éloignement significatif de la vision antérieure de la Chine en tant qu''État multiethnique' ou de 'coexistence multiethnique', un concept défendu par l'ancien Premier ministre Zhou Enlai dans les années 1970. Sous la direction du président Xi Jinping, cette approche s'est radicalement transformée, les questions minoritaires étant de plus en plus interprétées sous l'angle de la sécurité nationale. Selon Maya Wang, directrice par intérim de Human Rights Watch pour la Chine, la loi vise 'à mobiliser la bureaucratie et la société pour unir le peuple sous la direction du Parti communiste chinois'.
Ces politiques se manifestent avec une plus grande sévérité dans les régions frontalières stratégiques telles que le Tibet et la région autonome ouïghoure du Xinjiang, où les minorités ethniques constituent souvent la majorité démographique. Au Tibet, de nombreux enfants tibétains sont déjà placés dans des internats où ils reçoivent un enseignement en mandarin et sont endoctrinés dans l'idéologie du PCC, tandis que l'étude des textes bouddhistes est sévèrement restreinte. Au Xinjiang, l'ONU, les organisations de défense des droits humains et de nombreux médias ont documenté la détention d'environ un million de musulmans ouïghours dans le cadre d'une campagne de 'rééducation' massive. De nombreuses mosquées ont été détruites ou réaffectées. Le gouvernement chinois justifie ces actions comme des 'mesures antiterroristes', affirmant que les camps offrent une éducation et une formation professionnelle. Cependant, les rapports soulignent de graves conséquences humaines ; un Ouïghour en exil décrit comment les enfants de ses proches, éduqués exclusivement en mandarin, ont du mal à communiquer avec leurs parents parlant l'ouïghour, notant la présence de caméras de surveillance dans les salons pour imposer l'utilisation du mandarin.
Une section de la nouvelle loi est consacrée au concept de 'construction d'un foyer spirituel commun', qui exige 'l'identification à la grande patrie, à la nation chinoise, à la culture chinoise, au Parti communiste chinois et au socialisme aux caractéristiques chinoises' par le biais de l'éducation patriotique, de la diffusion de l'histoire officielle, de la propagande et de la promotion de 'l'image de la nation chinoise'. Ces définitions, en particulier celles concernant l''unité nationale' ou la 'provocation au séparatisme', sont délibérément vagues, offrant aux autorités une large marge d'interprétation et de déploiement pour réprimer toute forme de dissidence ou d'expression d'identités culturelles alternatives. Les manifestations qui ont éclaté en Mongolie intérieure en 2020 contre l'imposition de l'enseignement du mandarin dans certaines matières sont désormais pratiquement impossibles sous l'appareil de sécurité considérablement élargi.
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Au milieu des sessions en cours du Congrès national du peuple dans le Grand Palais du Peuple, qui se tient chaque année en mars, l'appareil dirigeant s'efforce de projeter une image de diversité. Certains des plus de 2 700 délégués sont assis dans la salle plénière vêtus de leurs tenues traditionnelles. Parmi eux se trouve Meng Quan, délégué de la minorité ethnique Zhuang, qui affirme que la loi 'garantit que nos diverses ethnies peuvent accélérer davantage l'intégration et renforcer leur sentiment d'identité nationale'. Malgré sa robe violette et son turban brodé, Meng fait clairement écho à la ligne officielle du gouvernement, affirmant que ce sentiment d'identité existait historiquement mais n'était 'pas encore formalisé et développé légalement'. Il ajoute que cette loi 'institutionnalisera et rationalisera davantage les progrès de l'unité ethnique dans le cadre de la loi' et démontrera 'la sagesse de notre civilisation vieille de cinq mille ans'. Pour les observateurs internationaux et les organisations de défense des droits humains, cependant, cette loi ne représente qu'un autre outil dans l'arsenal de Pékin pour réprimer la diversité culturelle et linguistique, visant à imposer une vision monolithique de l'identité nationale chinoise.