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Friday, 06 February 2026
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Financial Times : Le monde au seuil d'une ère nucléaire sans contrôle avec l'expiration de "New START"

Des experts mettent en garde contre une nouvelle course aux

Financial Times : Le monde au seuil d'une ère nucléaire sans contrôle avec l'expiration de "New START"
Matrix Bot
2 days ago
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Royaume-Uni - Agence de presse Ekhbary

Le monde au bord d'une ère nucléaire sans entraves avec la fin du traité "New START"

Dans un développement qualifié d'"inédit" par le Financial Times, la communauté internationale se prépare à entrer dans une phase nouvelle et troublante de l'histoire des armes nucléaires. Le traité New START, dernier cadre juridique majeur limitant les énormes arsenaux nucléaires des États-Unis et de la Russie, arrivera à expiration à minuit le 4 février 2026. Cette échéance laissera un vide stratégique considérable, suscitant de vives inquiétudes quant à l'avenir de la stabilité nucléaire mondiale.

Depuis son entrée en vigueur en février 2011, New START a joué un rôle essentiel dans le renforcement de la sécurité mondiale. Le traité n'a pas seulement plafonné le nombre d'ogives nucléaires déployées par chaque partie, mais a également imposé des restrictions strictes sur certains types de missiles stratégiques et de bombardiers. Plus important encore, il a établi un système rigoureux d'inspections mutuelles visant à garantir la conformité, à instaurer la confiance et, surtout, à atténuer les risques de mauvaise interprétation et d'escalade nucléaire en temps de crise.

Cependant, ce fragile cadre de sécurité, qui a perduré plus d'une décennie, est désormais sur le point de s'effondrer officiellement. Cette rupture découle de l'impasse dans les négociations et d'un profond manque de confiance entre Moscou et Washington, des facteurs exacerbés par la montée des tensions géopolitiques, en particulier depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine. Selon les correspondants du journal à Washington, Berlin et Londres, cet effondrement ouvre la voie à une nouvelle phase potentiellement périlleuse de compétition nucléaire, où les puissances nucléaires pourraient se sentir contraintes d'accroître leurs capacités sans restriction.

Cette évolution reflète une profonde anxiété au sein de la communauté du contrôle des armements. James Acton, co-directeur du programme de politique nucléaire au Carnegie Endowment for International Peace, a été cité par le Financial Times : "Je crois sincèrement que nous sommes à l'aube d'une nouvelle course aux armements, et je ne pense pas que je verrai de mon vivant un autre traité limitant le nombre d'armes nucléaires." Ce sentiment résume la crainte que la fin de New START ne soit pas seulement la résiliation d'un accord, mais le début du démantèlement de l'ensemble du système de contrôle des armements nucléaires patiemment construit au fil des décennies.

L'expiration de New START marque la fin de plus d'un demi-siècle d'efforts diplomatiques intenses entre les États-Unis et la Russie (et son prédécesseur, l'Union soviétique) pour gérer et contenir la course aux armements nucléaires. Ces efforts ont culminé avec la signature en 1991 du traité START original, qui a suivi l'effondrement de l'Union soviétique. Ce traité a expiré en décembre 2009, laissant la place à New START, entré en vigueur en avril 2010 et dont la dernière prolongation datait de février 2021 pour cinq années supplémentaires.

Pourtant, l'avenir s'est rapidement assombri. Les négociations sur le sort du traité se sont effondrées de manière significative après que le président russe Vladimir Poutine a ordonné l'invasion à grande échelle de l'Ukraine en 2022, suivie de l'annonce par la Russie début 2023 de la suspension de sa participation au traité. Malgré cela, le président Poutine a plus tard fait allusion à la possibilité pour la Russie de respecter volontairement les dispositions du traité après son expiration. L'alors président américain Donald Trump a qualifié cette idée de "bonne" mais n'a présenté aucun engagement formel, préférant, selon le journal, rechercher un "meilleur accord, nouveau" qui inclurait la Chine.

Alors que tout espoir de prolonger ou de remplacer New START s'estompe, l'avenir de la surveillance des arsenaux nucléaires reste précaire. Les tensions entre Washington et Moscou s'intensifient, et parallèlement, la Chine émerge comme une puissance nucléaire montante aux ambitions croissantes. Ce paysage géopolitique complexe rend la perspective de futurs accords de contrôle des armements extrêmement difficile.

Le journal a également cité Dmitri Medvedev, ancien président russe qui a négocié New START avec l'administration de l'ancien président américain Barack Obama, suggérant que des désaccords fondamentaux concernant l'Ukraine et la politique de Washington rendent la signature d'un nouvel accord une possibilité lointaine. Cette position souligne la profondeur des divisions politiques qui entravent les progrès en matière de contrôle des armements.

Le professeur Vasily Kashin de la Haute École d'économie de Moscou a indiqué que la Russie pourrait ne pas avoir d'intérêt immédiat à élargir son arsenal nucléaire tant qu'elle pourra maintenir la parité stratégique avec les États-Unis. Cependant, l'absence de contraintes pourrait encourager une accumulation d'armes à long terme.

À l'inverse, les États-Unis, selon le rapport, visent à maintenir leur supériorité nucléaire et à contrer la puissance nucléaire croissante de la Chine. Cet objectif se reflète dans la nouvelle mission du Commandement stratégique américain (STRATCOM), qui vise à être capable de cibler simultanément les forces nucléaires russes et chinoises. Cette approche pourrait expliquer la réticence de Washington à s'engager dans des accords qui restreignent considérablement ses capacités, surtout face aux défis posés par d'autres puissances nucléaires.

Acton a en outre souligné la complexité des négociations futures, insistant sur le fait que la Chine ne s'engagera dans un nouvel accord que lorsqu'elle sera convaincue que ses capacités nucléaires sont à parité avec celles des États-Unis. Il a ajouté : "La discussion sur la nécessité pour les États-Unis d'être aussi forts que la Russie et la Chine réunies est ce qui pourrait déclencher une nouvelle course aux armements." Cet équilibre complexe entre les trois nations est la clé pour comprendre les dynamiques futures.

En conclusion, le Financial Times soutient que la fin de New START ne signifie pas seulement la résiliation d'un accord bilatéral, mais représente la fracture d'un système entier de contrôle des armements nucléaires. Dans un monde de plus en plus instable marqué par des tensions croissantes, l'humanité semble se rapprocher rapidement du bord d'une crise nucléaire potentielle, où les contraintes et les limitations qui ont maintenu un équilibre fragile au cours des dernières décennies pourraient bientôt devenir un vestige du passé.

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