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Thursday, 05 February 2026
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L'Or réduit ses gains après les déclarations de Trump sur le Groenland

La détente géopolitique concernant les menaces d'annexion du

L'Or réduit ses gains après les déclarations de Trump sur le Groenland
عبد الفتاح يوسف
1 week ago
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Par notre correspondant spécial Les prix de l'or, qui avaient atteint des sommets sans précédent au cours de la journée de jeudi, ont vu une part significative de leurs gains s'évaporer. Cette correction notable fait suite aux déclarations du président américain, Donald Trump, qui a atténué le ton de ses menaces concernant l'annexion potentielle du Groenland. Ce revirement diplomatique a eu pour effet immédiat de réduire la demande pour le métal précieux, traditionnellement considéré comme une valeur refuge en période d'incertitude économique et politique. En début de séance, le métal jaune avait pourtant affiché une vigueur remarquable. L'or au comptant, par exemple, avait enregistré une légère hausse de 0,3 %, atteignant 4 778,51 dollars l'once, après avoir touché un pic historique de 4 887,82 dollars plus tôt dans la journée. Ce mouvement initial témoignait de l'appétit des investisseurs pour les actifs sûrs face aux tensions géopolitiques latentes. Cependant, l'évolution de la rhétorique présidentielle américaine a rapidement modifié la donne, instaurant un sentiment de moindre risque sur les marchés mondiaux. Parallèlement, les contrats à terme sur l'or aux États-Unis pour livraison en février ont également réagi à cette dynamique. Ils ont clôturé la séance en hausse de 1,5 %, s'établissant à 4 837,50 dollars l'once. Cette performance contrastée, avec des contrats à terme affichant une meilleure résistance que l'or au comptant, peut s'expliquer par des positionnements d'investisseurs à plus long terme ou par une liquidation moins prononcée sur ces instruments. Ce comportement du marché s'inscrit dans un contexte plus large de reprise des marchés boursiers. La décision de Donald Trump de revenir sur ses menaces d'imposer des droits de douane à plusieurs pays européens, en réponse à leur position sur le Groenland, a été un catalyseur majeur. L'annonce d'un accord de principe avec l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN) concernant l'avenir de l'île a également contribué à dissiper les craintes d'une escalade des tensions commerciales, offrant un bol d'air aux actions. Bob Haberkorn, expert de marché senior chez R.J.O. Futures, a analysé cette situation avec perspicacité. Selon lui, le retrait des menaces tarifaires européennes a indubitablement propulsé les marchés boursiers à la hausse, ce qui a inévitablement érodé une part significative des gains accumulés par l'or et exercé une pression générale sur l'ensemble des métaux précieux. Il a toutefois tenu à souligner que cet épisode ne représentait qu'une « vague de liquidation de positions dictée par l'actualité », et non un changement fondamental de la direction générale du marché. Cette perspective suggère que les fondamentaux soutenant l'or à long terme pourraient rester intacts, malgré cette correction passagère. L'or avait en effet connu une période de croissance exceptionnelle avant cet épisode. Au cours de l'année 2025, il avait enregistré une augmentation impressionnante de 64 %. Cette tendance haussière s'est poursuivie début 2026, avec une progression d'environ 11 % depuis le début de l'année. Cette performance robuste est intrinsèquement liée à son rôle historique et reconnu d'outil de couverture contre l'incertitude économique et politique. Les investisseurs se tournent traditionnellement vers l'or lorsque les perspectives économiques s'assombrissent ou que les tensions géopolitiques s'intensifient, cherchant à protéger leur capital de la volatilité des marchés. Dans ce contexte, les anticipations concernant la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine jouent un rôle crucial. Une enquête menée par Reuters a révélé que la majorité des économistes s'attendent à ce que la Fed maintienne son principal taux directeur inchangé au cours du trimestre actuel, et potentiellement jusqu'à la fin du mandat de son président, Jerome Powell, en mai. Un environnement de taux d'intérêt bas est généralement favorable à l'or. En effet, puisque le métal jaune ne génère pas de rendement par lui-même, sa compétitivité s'améliore lorsque le coût d'opportunité de ne pas détenir d'actifs à rendement (comme les obligations) diminue. Cette prévision conforte donc l'attractivité de l'or à moyen terme, en dépit des fluctuations à court terme liées à l'actualité politique. Les autres métaux précieux ont également été affectés par cette dynamique de marché. L'argent, par exemple, a subi une baisse plus marquée. En transactions au comptant, il a chuté de 3,6 %, s'établissant à 91,17 dollars l'once, après avoir atteint un sommet record de 95,87 dollars lors de la séance précédente. Sunny Kumari, analyste des matières premières chez ANZ Bank, a commenté que malgré cette correction, la possibilité que l'argent atteigne des niveaux à trois chiffres reste envisageable compte tenu de l'élan actuel, même si cela pourrait s'accompagner de corrections et d'une volatilité accrue. La forte volatilité de l'argent est une caractéristique bien connue des marchés des métaux précieux, souvent amplifiée par des volumes de trading plus faibles par rapport à l'or. Le platine, un autre métal précieux industriel et d'investissement, a également fléchi, quoique de manière plus modeste. Il a reculé de 0,1 %, pour s'établir à 2 460,20 dollars l'once, après avoir enregistré un niveau record de 2 543,99 dollars plus tôt dans la journée. De même, le palladium, largement utilisé dans l'industrie automobile pour les pots catalytiques, a cédé 2,1 %, atteignant 1 825,85 dollars l'once. Il avait pourtant touché son plus haut niveau en une semaine lors des premières heures de négociation, illustrant la sensibilité de ces marchés aux variations de la perception du risque et aux perspectives économiques globales. Ces métaux industriels sont particulièrement sensibles aux changements dans les prévisions de croissance mondiale et aux politiques commerciales, car leur demande est fortement liée à l'activité manufacturière et à la production automobile. En somme, si les déclarations apaisantes du président Trump sur le dossier du Groenland ont momentanément réduit l'attrait de l'or en tant que valeur refuge, entraînant une prise de bénéfices, les analystes s'accordent à dire que les fondamentaux qui soutiennent le métal jaune à long terme, notamment la politique monétaire accommodante de la Fed et les incertitudes économiques persistantes, demeurent présents. Les investisseurs devront donc naviguer entre les réactions à court terme aux nouvelles géopolitiques et les tendances macroéconomiques sous-jacentes pour élaborer leurs stratégies. Le marché des métaux précieux reste un baromètre sensible des humeurs économiques et politiques mondiales, réagissant avec célérité à chaque changement de vent.

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