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Friday, 06 February 2026
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Passage de Rafah : Réouverture partielle entre Gaza et le monde, l'aide humanitaire exclue dans un premier temps

La décision israélienne de rouvrir le point de passage de Ra

Passage de Rafah : Réouverture partielle entre Gaza et le monde, l'aide humanitaire exclue dans un premier temps
Matrix Bot
20 hours ago
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[France] - [Agence de presse Ekhbary]

Israël rouvre partiellement le point de passage de Rafah, laissant l'aide humanitaire à l'extérieur

La décision d'Israël de rouvrir partiellement le point de passage de Rafah, seul corridor de Gaza n'étant pas sous contrôle israélien et fermé depuis mai 2024, a été accueillie avec une appréhension mêlée d'espoir. Cette réouverture, longtemps réclamée par les Nations Unies et les organisations non gouvernementales internationales, intervient dans un contexte humanitaire critique pour la bande de Gaza, dévastée par des années de conflit. Cependant, les conditions de cette réouverture soulèvent d'importantes préoccupations, notamment l'exclusion de l'aide humanitaire essentielle.

Selon des commentaires relayés par le journal libanais L'Orient-Le Jour, les restrictions imposées par les autorités israéliennes sont loin de satisfaire les exigences des acteurs humanitaires. « Dans la bande de Gaza en ruines, cette réouverture suscite espoir et amertume après plusieurs mois d'une trêve fragile », souligne le quotidien, reflétant le dilemme des populations locales et des organisations sur le terrain. L'espoir d'une possible reprise des déplacements et des échanges est terni par la réalité des limitations imposées.

Le New York Times apporte un éclairage crucial sur la nature de cette réouverture, précisant que la frontière sera, dans un premier temps, ouverte exclusivement aux personnes entrant et sortant de Gaza. « Elle ne servira pas à acheminer l'aide humanitaire indispensable à ce territoire ravagé par deux années de guerre », a souligné le journal américain. Cette exclusion de l'aide humanitaire est particulièrement préoccupante étant donné la situation catastrophique dans la bande de Gaza, où les besoins en nourriture, médicaments et autres fournitures de première nécessité sont immenses.

La réouverture de Rafah avait été initialement envisagée dans le cadre du plan de paix proposé par l'ancien président américain Donald Trump, visant à mettre fin au conflit israélo-palestinien. Cependant, dans sa configuration actuelle, cette mesure apparaît davantage symbolique qu'opérationnelle. L'armée israélienne a annoncé qu'elle n'autoriserait qu'un nombre très limité de Palestiniens à franchir la frontière, estimé entre 150 et 200 par jour, comme le rapporte le journal espagnol El Pais. Cette limitation drastique du nombre de personnes autorisées à circuler entrave considérablement toute perspective de retour à une vie normale pour les habitants de Gaza.

El Pais met également en lumière une autre restriction significative : l'interdiction persistante faite aux journalistes étrangers d'accéder à Gaza par le point de passage de Rafah. L'Association de la presse étrangère a d'ailleurs saisi la Cour suprême israélienne pour contester cette restriction du droit à l'information. Le processus judiciaire est cependant ralenti, la Cour ayant reporté sa décision pour la onzième fois, laissant les professionnels des médias dans l'incertitude quant à leur capacité à couvrir la situation sur le terrain.

Au-delà de la situation à Gaza, l'actualité internationale est également marquée par les tensions persistantes entre Téhéran et Washington. L'Orient-Le Jour rapporte que des efforts diplomatiques considérables, menés par plusieurs capitales telles que Moscou, Ankara et Doha, ont permis d'esquisser les contours d'un cadre de négociation global. Ces démarches visent à désamorcer la crise et à éviter une escalade militaire, alors que Donald Trump multiplie les avertissements à l'encontre de l'Iran depuis le début du mouvement de contestation réprimé dans ce pays, désormais largement coupé du monde et privé d'internet.

« Concrètement, ces démarches ont contribué à retarder la guerre, voire à l’annuler si un accord est trouvé », explique le journal libanais. Néanmoins, il est précisé que cela ne signifie pas que le président américain ait renoncé à l'option militaire. Les déploiements massifs de forces américaines dans la région, conjugués aux pressions israéliennes, maintiennent une atmosphère de tension susceptible de dégénérer à tout moment. La situation demeure donc extrêmement volatile, oscillant entre la perspective d'un accord diplomatique et la menace d'un conflit ouvert.

Le journal français La Croix offre une analyse complémentaire, suggérant que Washington et Téhéran semblent ouverts à une résolution diplomatique de leurs différends, axée sur la question du nucléaire iranien et la levée des sanctions contre la République islamique. Cependant, des « vents contraires » puissants persistent, tant au sein du régime iranien qu'à Tel-Aviv, compliquant la tâche des diplomates. La presse résume la situation par un choix binaire : « Un deal ou la guerre ». L'Iran se trouve face à la nécessité de trancher, sous la pression des menaces américaines.

Dans un registre différent, Donald Trump fait également la une de la presse pour une décision concernant le Kennedy Center à Washington. Le milliardaire a annoncé la fermeture de cette emblématique salle de spectacles pour une durée de deux ans, officiellement pour rénovation. Ce projet inclut une proposition controversée de rebaptiser le centre du nom de Trump, une initiative qui risque de déplaire à la famille du président Kennedy. La fermeture est prévue pour le 4 juillet, coïncidant avec les célébrations des 250 ans des États-Unis, comme l'a indiqué Trump sur son réseau social Truth Social.

Le New York Times, cependant, soulève des questions quant aux motivations réelles derrière cette décision. Le journal américain note que Trump omet de mentionner les multiples annulations et boycotts d'artistes, de contributeurs et de membres du public qui ont marqué les derniers mois. Ces réactions font suite à la nomination de personnalités proches de Trump à la direction du centre culturel et à des appels visant à modifier la programmation pour qu'elle corresponde davantage à ce qu'il présente comme des « goûts et sensibilités américains répandus ». Le Monde précise que sous la nouvelle direction, des événements tels que les drag shows et les célébrations de la communauté LGBT+ ont été supprimés, tandis que des conférences de la droite religieuse et des artistes chrétiens ont été invités. En conséquence, plusieurs artistes, dont la chanteuse de country Kristy Lee, ont annulé leurs spectacles prévus dans cette institution, témoignant d'une polarisation croissante autour de la culture et de l'identité aux États-Unis.

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