Syrie - Agence de presse Ekhbary
Une étude récente du Centre Al Jazeera pour les Études, intitulée "Syrie et États-Unis : Reconstruire la relation et tester son parcours", révèle une transformation fondamentale dans les relations entre Damas et Washington après la chute du régime Assad fin 2024. La relation est passée d'un schéma de décennies d'endiguement et de sanctions à une nouvelle voie basée sur l'ouverture et la coordination. Malgré la rapidité de cette transition, elle reste soumise à des tests continus, dont les résultats sont influencés par des déterminants complexes dépassant les deux parties.
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Dès le premier instant de la chute du régime, Damas a commencé à façonner un nouveau discours, cherchant à se présenter comme un partenaire potentiel plutôt qu'un adversaire traditionnel. La nouvelle direction syrienne a capitalisé sur la lassitude américaine face aux modèles d'intervention précédents et sur le désir d'une nouvelle formule d'engagement régional. En réponse, Washington a montré une volonté d'accepter ces signaux, initiant des étapes graduelles qui ont rouvert les canaux politiques et sécuritaires, avant de procéder à une levée quasi-complète des sanctions en quelques mois.
Déterminants de la Nouvelle Relation
Comprendre ces évolutions nécessite de revenir sur la nature de la relation avant 2024, lorsque Washington traitait avec Damas selon une triade d'endiguement, de pression et de communication limitée, caractérisée par la gestion des tensions plutôt que par un partenariat. Au début des années 2000, et particulièrement après 2003, la relation s'est durcie avec des lois telles que l'"Syria Accountability Act" et la "loi César". Par conséquent, les événements post-chute du régime marquent une rupture avec une longue trajectoire qui a redéfini la position de la Syrie dans les calculs américains. L'étude identifie la rencontre entre le président syrien Ahmad Al-Shar'a et Donald Trump à Riyad en 2025 comme un tournant, mais elle a été l'aboutissement d'un processus initié par des messages rassurants de Damas concernant la lutte contre le terrorisme, la réduction de l'influence iranienne et la désescalade avec les FDS. Washington a répondu par des étapes graduelles, allant des mesures de confiance à la coopération sécuritaire directe, aboutissant à une restructuration complète des sanctions. La relation n'a pas été bâtie uniquement sur un élan politique, mais sur des tests mutuels. L'ouverture n'a pas évolué vers une alliance ouverte, mais est restée régie par des déterminants clairs, notamment le dossier de la transition politique, où Washington exige un système capable de représentation et de stabilité ; le dossier de la lutte antiterroriste, Washington cherchant à transférer progressivement les charges sécuritaires à Damas ; le dossier de la réduction de l'influence iranienne, un objectif central ; et enfin, les relations avec Israël, le facteur le plus sensible.