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Thursday, 05 February 2026
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L'ONU au bord de l'effondrement financier : Guterres lance un appel urgent aux États membres pour régler leurs cotisations

Le Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies me

L'ONU au bord de l'effondrement financier : Guterres lance un appel urgent aux États membres pour régler leurs cotisations
Ekhbary Editor
5 days ago
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Paris, France - Agence de presse Ekhbary

L'ONU au bord de l'effondrement financier : Guterres lance un appel urgent aux États membres pour régler leurs cotisations

Le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a tiré la sonnette d'alarme vendredi dernier, déclarant que l'organisation mondiale était au bord d'un "effondrement financier imminent" et exhortant les États membres à s'acquitter de leurs obligations financières. Cet avertissement grave souligne une crise de liquidités persistante qui menace de paralyser les opérations essentielles de l'ONU, de ses missions de maintien de la paix aux efforts humanitaires vitaux, en passant par les programmes de développement durable à travers le globe. La situation, loin d'être nouvelle, s'aggrave, mettant en péril la capacité de l'organisation à répondre aux défis mondiaux de plus en plus complexes.

Les Nations Unies, fondées sur le principe de la coopération multilatérale pour maintenir la paix et la sécurité internationales, résoudre les problèmes économiques, sociaux et humanitaires, et promouvoir les droits de l'homme, dépendent entièrement des contributions financières de ses 193 États membres. Ces cotisations sont réparties selon une échelle de barème approuvée par l'Assemblée générale, basée principalement sur la capacité de paiement de chaque pays. Cependant, un nombre croissant de pays ont soit retardé, soit omis de payer leurs contributions, créant un déficit budgétaire chronique qui a atteint des niveaux critiques.

Antonio Guterres a souligné que cette crise n'est pas seulement une question comptable ; elle a des répercussions directes et profondes sur la vie de millions de personnes. Les missions de maintien de la paix de l'ONU, souvent déployées dans des zones de conflit à haut risque, sont parmi les premières à subir les conséquences. Le retard dans le remboursement des pays contributeurs de troupes et de police, la réduction des approvisionnements et des équipements, et l'incertitude quant aux salaires du personnel peuvent gravement compromettre l'efficacité de ces opérations et la sécurité de leurs membres. Par exemple, au Soudan du Sud, au Mali ou en République démocratique du Congo, où les Casques bleus jouent un rôle crucial dans la protection des civils et la stabilisation des régions, un manque de financement peut avoir des conséquences désastreuses.

Au-delà du maintien de la paix, les programmes humanitaires de l'ONU, qui fournissent une aide vitale aux victimes de conflits, de catastrophes naturelles et d'épidémies, sont également menacés. Des agences comme le Programme alimentaire mondial (PAM), l'UNICEF, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) dépendent des fonds pour fournir nourriture, abri, soins médicaux et éducation à des populations vulnérables. Une réduction des financements signifie moins de repas, moins de vaccins, moins d'abris et moins d'accès à l'éducation pour ceux qui en ont le plus besoin, exacerbant des crises humanitaires déjà critiques.

La déclaration de Guterres intervient après des années d'alertes répétées concernant la santé financière de l'ONU. Chaque année, le Secrétaire général est contraint de prendre des mesures d'austérité, de geler les embauches, de réduire les dépenses non essentielles et de reporter des projets importants pour maintenir l'organisation à flot. Ces mesures, bien que nécessaires à court terme, sapent la capacité à long terme de l'ONU à innover, à se moderniser et à répondre efficacement aux défis émergents tels que le changement climatique, les pandémies et la cybercriminalité.

La question des cotisations impayées est complexe et multifactorielle. Certains États membres peuvent être confrontés à des difficultés économiques internes qui limitent leur capacité à honorer leurs engagements. D'autres peuvent utiliser leurs contributions comme un levier politique, exprimant leur désaccord avec certaines politiques, résolutions ou actions de l'ONU. Historiquement, les États-Unis, le plus grand contributeur, ont souvent eu des arriérés importants, mais d'autres pays, y compris de grandes économies, ont également été en défaut à divers moments. Cette tendance met en lumière une tension fondamentale entre la souveraineté nationale et les impératifs de la coopération multilatérale.

L'argument principal de Guterres est que l'ONU est un investissement essentiel pour la paix et la prospérité mondiales, et non une simple dépense. Les coûts d'inaction face aux conflits, aux crises humanitaires et aux défis climatiques sont exponentiellement plus élevés que le coût des contributions des États membres. Sans une ONU forte et financièrement stable, la communauté internationale perdrait un forum irremplaçable pour le dialogue, la négociation et l'action collective sur les problèmes qui transcendent les frontières nationales.

Le Secrétaire général a appelé à un engagement renouvelé de tous les États membres envers les principes fondateurs des Nations Unies et leurs obligations financières. Il a suggéré que des réformes soient envisagées pour rendre le système de financement plus stable et prévisible, bien que toute modification des mécanismes de financement de l'ONU nécessiterait un large consensus parmi les États membres, ce qui est souvent difficile à obtenir. Il a également insisté sur la nécessité de diversifier les sources de financement et d'explorer des mécanismes innovants pour assurer la pérennité financière de l'organisation.

La crise actuelle est un test décisif pour le multilatéralisme. À une époque où les défis mondiaux – de la pandémie de COVID-19 aux tensions géopolitiques croissantes – exigent une coordination internationale sans précédent, la fragilité financière de l'ONU envoie un signal alarmant. Elle soulève des questions fondamentales sur l'engagement réel des nations envers l'ordre international fondé sur des règles et la valeur qu'elles accordent à une institution conçue pour prévenir la guerre et promouvoir le progrès humain. La capacité de l'ONU à surmonter cette crise dépendra de la volonté politique des États membres de reconnaître l'urgence de la situation et d'agir collectivement pour garantir sa viabilité future.

En fin de compte, l'appel d'Antonio Guterres n'est pas seulement un plaidoyer pour des fonds, mais un rappel de la responsabilité collective de la communauté internationale. L'ONU n'est pas une entité externe, mais le reflet de ses membres. Son succès ou son échec à relever les défis mondiaux est directement lié à l'engagement et au soutien de chaque nation. La menace d'un effondrement financier imminent devrait servir de catalyseur pour une action urgente et concertée, afin de préserver l'institution qui reste, malgré ses imperfections, le meilleur espoir de l'humanité pour un avenir plus pacifique et prospère.