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Saturday, 14 February 2026
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Crise politique Irak: Maliki dénonce l'ingérence américaine

Crise politique Irak: Maliki dénonce l'ingérence américaine
Ekhbary Editor
2 weeks ago
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Irak - Agence France-Presse

Crise politique Irak: Maliki dénonce l'ingérence américaine

La crise politique Irak s'intensifie alors que Nouri al-Maliki, candidat de premier plan au poste de Premier ministre, a dénoncé mercredi une « ingérence flagrante » des États-Unis. Cette réaction survient après que l'ancien président américain Donald Trump a menacé de cesser tout soutien à l'Irak si M. Maliki accédait au pouvoir. Cet épisode souligne les tensions persistantes entre Washington et certaines factions politiques irakiennes.

Les États-Unis exercent une influence considérable sur la politique irakienne depuis l'invasion de 2003 qui a renversé Saddam Hussein. Les déclarations de M. Trump ont ravivé le débat sur la souveraineté de l'Irak et le rôle des puissances étrangères dans ses affaires intérieures.

Nouri al-Maliki et l'ingérence américaine

Nouri al-Maliki, le seul ancien Premier ministre irakien à avoir servi deux mandats depuis l'invasion, a été catégorique. « Nous rejetons catégoriquement l'ingérence américaine flagrante dans les affaires intérieures de l'Irak », a-t-il déclaré sur la plateforme X. Il a ajouté considérer cette intervention comme « une violation » du « système démocratique » irakien, en place depuis 2003.

La déclaration de M. Trump a rapidement suscité des réactions. Plusieurs centaines de personnes ont manifesté en soirée près de l'ambassade des États-Unis à Bagdad. Les manifestants scandaient « Oui pour Maliki » et certains ont même brûlé une affiche à l'effigie de Trump ainsi qu'un drapeau américain, selon un journaliste de l'AFP.

Un passé de tensions avec Washington

Durant ses mandats de Premier ministre (2006-2014), M. Maliki avait déjà eu des relations tendues avec Washington. Ces frictions étaient notamment dues à ses liens croissants avec l'Iran et à des accusations selon lesquelles il poursuivait un programme sectaire. Malgré cela, l'homme politique de 75 ans demeure une figure centrale de la scène politique irakienne et un faiseur de rois dont l'approbation est indispensable à toute coalition gouvernementale.

Mardi, Donald Trump avait publiquement averti que l'Irak ferait un « très mauvais choix » si Maliki était choisi pour le poste suprême. Il avait menacé que, « en raison des politiques et idéologies insensées » de M. Maliki, « si élu, les États-Unis d'Amérique n'aideront plus l'Irak ».

Le soutien de la Coordination Framework

Nouri al-Maliki a été désigné comme le prochain Premier ministre de l'Irak par la Coordination Framework. Cette alliance de groupes chiites, ayant des liens variés avec l'Iran, est devenue ces dernières années la principale coalition au pouvoir. La situation actuelle expose les fragilités au sein même de cette coalition.

  • La Coordination Framework doit se réunir prochainement pour discuter de l'ultimatum de Trump.
  • Une source proche de la Framework a décrit la situation comme « compliquée », mentionnant des divisions internes, mais une majorité a finalement soutenu Maliki.
  • Les partisans de Maliki s'efforcent désormais de maintenir sa candidature et de « ne pas reculer ».

Les avertissements de Trump font écho à des préoccupations similaires exprimées par le secrétaire d'État Marco Rubio lors d'un appel téléphonique avec le Premier ministre sortant Mohammed Shia al-Sudani. Le bloc parlementaire de Sudani a réaffirmé que le choix d'un Premier ministre était une « affaire irakienne », tout en soulignant la nécessité de « relations positives et équilibrées avec les pays amis et alliés, en particulier les États-Unis ».

Implications de la Crise Politique en Irak

L'Irak est depuis longtemps un champ de bataille par procuration entre les États-Unis et l'Iran, les gouvernements successifs négociant un équilibre délicat entre les deux adversaires. Le nouveau Premier ministre devra également répondre à la demande de longue date de Washington de désarmer les factions soutenues par Téhéran, dont beaucoup sont désignées comme des groupes terroristes par les États-Unis.

Deux groupes armés sous sanctions américaines, faisant partie de la Coordination Framework, ont également critiqué l'ingérence de Trump dans les affaires irakiennes. « Nous rejetons toutes les tentatives d'ingérence dans les affaires intérieures de notre pays ou d'influence sur le transfert pacifique du pouvoir, et nous refusons tout diktat extérieur », a déclaré la faction Asaib Ahl al-Haq, rejointe par Kataeb Sayyid al-Shuhada.

Malgré une stabilité retrouvée après des décennies de conflits, l'Irak est confronté à une faible croissance économique et ne peut pas risquer des mesures punitives de la part des États-Unis, qui ont déjà sanctionné plusieurs entités irakiennes. Le politologue Renad Mansour a averti que les États-Unis pourraient utiliser leur influence sur l'Irak, mentionnant les « sanctions, l'accès aux dollars américains... et bien sûr, la menace militaire ».

L'Irak se trouve actuellement dans une période très précaire, avec de nombreuses préoccupations concernant sa stabilité relativement nouvelle. La décision concernant son prochain Premier ministre aura des répercussions majeures sur son avenir politique et économique.

Source: Agence France-Presse