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Saturday, 14 February 2026
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Un match catastrophique, une piteuse défaite, une élimination apprise dans le vestiaire : l'OM a vécu à Bruges l'un de ses plus gros fiascos

Un match catastrophique, une piteuse défaite, une élimination apprise dans le vestiaire  : l'OM a vécu à Bruges l'un de ses plus gros fiascos
Ekhbary Editor
2 weeks ago
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Les Marseillais ont quitté la pelouse conspués par leurs supporters mais encore qualifiés pour les play-offs de Ligue des champions, honteux de leur prestation affligeante mais étrangement salués sur les écrans géants du stade Jan-Breydel, qui se précipitaient pour féliciter « l'OM et Bruges pour la qualification ». S'il n'y avait alors pas de quoi être fier après une telle déroute (0-3), le club pouvait au moins se satisfaire d'avoir sauvé l'essentiel un soir où tout était parti de travers, mais c'était vraiment un soir où tout est parti de travers, dans des proportions hallucinantes.

Les dirigeants olympiens avaient déjà assez souffert devant leur propre équipe quand ils ont étiré leur cauchemar face à leurs téléphones : alors que la libération était si proche, ils ont vu le gardien Anatoli Troubine propulser Benfica sur leur 24e place, et leur infliger une blessure qui va profondément égratigner leur saison.

Les Marseillais sont tombés de très haut mais la vérité est qu'ils ont navigué à des altitudes lilliputiennes toute la soirée, affreusement mauvais comme ils sont capables de l'être lors de leurs pires jours. Dans la foulée de leur échec contre Liverpool (0-3, mercredi dernier), ils sont arrivés dans le brouillard brugeois avec des chaussons aux pieds, comme s'ils allaient disputer ce match crucial dans le confort de leur salon familial, alors que tout suggérait que le combat serait furieux, face à une équipe qui avait absolument besoin de gagner.

Ce n'est pas comme ça qu'on aborde une affiche décrite depuis plusieurs jours comme « historique » par Roberto De Zerbi, et il faut avoir un excellent gardien pour résister à une entame aussi apathique. L'OM ne l'avait pas non plus car Geronimo Rulli ne sait plus le sauver depuis de longues semaines, et la frappe de Mamadou Diakhon a glissé entre les mains de l'Argentin, au bout d'un mouvement lancé par Aleksandar Stankovic, qui avait pu s'avancer tranquillement au coeur du terrain (1-0, 4e).

Pas aidés tactiquement par leur entraîneur, encore moins soutenus par leurs jambes, les milieux marseillais ont fait passer le Serbe, fils de Dejan, pour un joueur de classe mondiale en lui fichant une paix royale toute la partie, et il a aussi pu torturer Facundo Medina d'un une-deux avec Carlos Forbes, avant d'offrir le 2-0 à Romeo Vermant (11e). Sur la séquence, Hamed Junior Traoré avait réussi à perdre deux fois le ballon, Nayef Aguerd avait étalé une passivité terrible et Leonardo Balerdi s'est mis à ce niveau, d'une faiblesse dont il est difficile de se relever.

Les Provençaux se sont pourtant mieux portés après vingt minutes, malgré un schéma hybride qui semble les déboussoler : ils permutent, changent de système, s'adaptent, mais ils dépendent toujours des éclairs d'un seul homme, Mason Greenwood, une lueur à chercher au milieu de la confusion. Brillants samedi contre Lens (3-0), les recrues Ethan Nwaneri et Quinten Timber avaient plus de repères après deux séances que l'ensemble des Marseillais hier, et c'est forcément une pierre dans le jardin de Roberto De Zerbi, qui ne peut cette fois pas cacher les lacunes derrière le nombre de buts inscrits.

L'OM n'en a pas marqué hier puisque Simon Mignolet a été excellent face à Geoffrey Kondogbia (44e, 48e), Greenwood (22e, 42e, 78e), et Igor Paixao (60e), qui avait remplacé Traoré à la pause. Weah était passé à droite, Murillo était descendu d'un cran avant d'être suppléé par Aubameyang (53e) pour que l'OM adopte un 4-2-3-1 avec Amine Gouiri en 10, mais toutes ces petites révolutions n'ont pas empêché Bruges de frôler régulièrement le 3-0, finalement atteint grâce à Stankovic, encore seul devant la surface (79e). Ce but coûte très cher car c'est celui qui manque aux Olympiens pour passer devant Benfica, et ils auraient aussi pu le chercher grâce à Pierre-Emile Höjbjerg, mais Joel Ordonez est intervenu en catastrophe (60e). Le défenseur était la cible des dirigeants marseillais l'été dernier, il était donc logique qu'il apporte sa contribution à une nuit parfaitement noire, un authentique cauchemar, qui va transformer l'actualité du club en champ de mines.